Couplet Second

Couplet Second
_________Le soleil légèrement rosacé s'épanouissait à l'horizon. Le chant matinal des oiseaux éveilla Demi Lune, emmitouflé dans un tas de draps blanc cassés sales, les yeux collants et la bouche pâteuse, les traits du sommeil dessiné sur son visage. Il regardait le soleil se lever. Un moment d'apaisement, un de ces moments où le temps est comme suspendu. Où plus rien ne bouge, plus rien ne s'entend. Il ne reste que la beauté, juste elle.
________Une racine fit sursauté la charrette et ainsi brisa l'absence de Demi Lune. Celui-ci vint s'installer près de Joan, les yeux fixés sur la route. Cette chaleur de fin d'été évaporait, peu à peu, les perles de rosée. Trois jours de voyage, Demi Lune se sentait déjà dans un autre monde. Ils étaient sortis de l'épaisse forêt et arpentaient, maintenant, une route de campagne. Quelques bois ça et là, et des champs de Fildren, la céréale la plus commune en ces terres de L'Empire Flamboyant. La couleur jaune orangé du Fildren hypnotisait Demi Lune.
________Ils croisèrent une fontaine au bord de la route. Joan proposa une halte, autant pour les chevaux que leurs estomacs. Il donna une pomme à Demi Lune qui s'empressa de la croquer à pleine dent.

- Pourquoi il y a-t-il une fontaine ici ? demanda Demi Lune
- Nous sommes dans une région assez prospère de l'Empire. Vois tu, si l'on continu à longer le fleuve, comme ça, vers le nord-est, on arrivera à la cité sainte de Cheyen. Et si l'on prend le sens inverse, nous atteindrons le site des Orbis Lutins. Cette route fait partie du parcours des Pèlerins. D'ailleurs, regardes là-bas, certains d'entre eux approche.

En effet, un groupe, d'une cinquantaine de personnes, battait de leurs pieds la route. L'un portait la toge blanche, signe du guide, et s'aidait d'un long bâton, blanc lui aussi. Ils s'arrêtèrent à la fontaine, le guide salua Joan.

- Chaude journée n'est-ce pas ?
- En effet, répondit Joan, et l'on est même pas midi.
- Oh, ça non ! J'espère être au petit bois d'ici midi. Que ses arbres nous offre un peu d'ombre.
- Vous y serez certainement.

Les Pèlerins avaient remplis leurs gourdes, ils étaient temps de partir.

- Et bien, au plaisir de vous revoir, Monsieur... ?
- Joan Milchemin, et vous ?

Le guide eu comme un arrêt. Ses yeux se remplirent d'admiration, sa mâchoire tremblait.

- Je suis Dasté. Je fais partis de l'ordre des Maurélis.


Joan eu un sourire. Les Pèlerins partirent.

- Quels hommes étranges, dit Demi Lune. Qui sont les Maurélis ?
- Une bien longue histoire... Autrefois, l'ordre des Maurélis était pourchassé et exterminé dans tout l'Empire. Autrefois, un homme nommé Joan Milchemin était leur défenseur.
- Mais, vous êtes Joan Milchemin !
- C'était il y a longtemps, ce n'est qu'un nom maintenant. Certains disent que c'était un homme fort et valeureux, un homme juste. Je suis, désormais, son ombre.

La conversation était close. Ils reprirent la route. « Dommage » pensa Joan, « Si les Pèlerins seraient allés dans l'autre sens...Cela aurait fait une bonne couverture ».
________Au croisé des chemins, un garçon se tenait assis en tailleur, appuyé à un poteau indicateur. Joan fit halte.

- Où vas-tu, p'tit gars ?
- Partout, et, nulle part. Je vais là où va le voyageur qui acceptera de me prendre.

Joan regarda le panneau. Tout droit, au nord-est : Cheyen. A gauche, au nord-ouest : Vallée des Grands Fleuves. A droite, au sud-est : Port d'Aquovea et route de la capitale, Flamboyance.

- T'as qu'à monter, nous traversons la Valée. Je suis Joan et la p'tite tête, là bas, c'est Demi Lune.
- Léo Personne, appelez moi comme ça.

Ils firent route au nord-ouest.

________Loin de là, un cavalier noir chevauchait avec frénésie.

*

# Posté le lundi 28 novembre 2005 15:37

Modifié le mardi 06 décembre 2005 12:28

Couplet Tertiaire

Couplet Tertiaire
________La petite hutte paraissait bien vide maintenant. Il ne restait qu'une légère trace de son passage, comme un peu de poussière emporté par une brise. Chaque mur, chaque objet étaient marqués de sa présence. Un dessin par ici, une odeur par là. Parfois, il semblait que l'on entendait un rire sur le balcon. Un rire d'enfant.
________Maître Luciol parlait tout seul, ses yeux embrumés de larmes, assis sur son lit. Il se sentait vieux et apaisé. « La mort peut venir me prendre » pensait-il. Il avait accompli sa dernière tache dans ce monde. Il avait faillit mourir en salaud. « Il est sauvé, ne t'inquiète pas mon ami. Ton enfant va vivre. » Il pleurait à présent. Ratatiné.
________Des pas, bruyants, vinrent à son oreille pointue. C'étaient des pas lourds qui martelaient ses marches. Il se mit debout, et chercha son bâton. Il avait les yeux rougis, les joues humides mais ses traits, sa posture, son âme même étaient déterminés. La porte s'ouvrit. Le cavalier noir se tenait à l'entrée, son aura noirâtre commençait déjà à emplir la pièce. Trois acolytes l'accompagnaient.

- Je viens chercher l'enfant, dit le Capitaine Slug.

________Un doux chant s'élevait dans la vallée. Une voix éraillée mais d'une étrange douceur surplombait cet océan d'herbes. Des herbes, il y en avait jusqu'à l'horizon, hautes et quelque peu jaunies à l'approche de l'automne. Elles grouillaient d'insectes et de rongeurs. Au loin, un étang où les animaux s'abreuvaient. Chevaux et chiens sauvages. Sangliers et dragonnets des plaines. Tous s'accommodaient de ce lieu magnifique. Le chant ne faisait qu'orné ce tout de sublimité.
________La charrette parcourait un petit sentier à travers la Vallée et le chant, finit, mourut entre les lèvres de Joan. Le temps et l'espace flottaient sur la dernière note, elle s'éclipsa tel un arc en ciel. A l'arrière, Léo et Demi Lune s'étaient mit à discuter. Il était rare pour Demi Lune de discuter avec une personne de son age. Enfin, Léo était plus âgé (de trois ans) mais il lui parlait comme un égal. Cet intérêt pour sa personne le fit rougir.

- Demi Lune... C'est vraiment un nom bizarre...
- Moi, j'aime bien. En tout cas, je préfère ça à Léo Personne.
- Je n'ai jamais dit que c'était mon vrai nom. C'est un nom d'emprunt, je te l'ai déjà répété !
- J'aurais choisit autre chose, dit Demi Lune avec un grimace. A moins que ce ne soit en rapport avec quelque chose de particulier, il le regardait du coin de l'½il comme pour percer un secret.
- Tu me bassines avec ça depuis le début. Je ne te dirais rien, ce n'est pas la peine d'essayer.
- Moué, moué, moué
- Moué, moué, moué comme tu dis. Il vient d'où ton nom : Demi Lune ?
- Mon Maître m'appelait comme ça, répondit-il humble. C'est... c'est le nom de mon père...

Un léger silence, puis Joan se remit à chanter à demi-voix.

- Alors comme ça, ce n'était pas ton vrai nom, et toi, tu ne m'as rien dit.
- Tu n'as rien demandé, dit il avec malice.
- Qu'est-ce qu'il fait ton père ?
- Je ne sais pas. Je ne sais même plus qui il est. On m'a menti, depuis je n'ai qu'une trace floue qui me vient en tête quand je pense à lui. Est-ce vraiment son nom ? Je ne puis y répondre aujourd'hui.
- C'est triste... Tu sais, Léo Personne, c'est vraiment un nom choisit au hasard. Je veux oublier mon passé. Tu sais ce que tu comptes faire ? Moi je cherche...
- Je ne sais pas.

________Secrètement, il pensait au livre et à sa promesse.
Joan fit arrêter la charrette. Ils établirent un camp pour la nuit, des herbes coupées par sa hache faisaient de bonnes paillasses et les couvertures suffisaient à tenir chaud. Il envoya les enfants puiser de l'eau à une rivière non loin. Léo remarqua les bracelets de Demi Lune. Il fut frappé par la complexité de l'ouvrage.

- C'est beau ce que tu porte là, dit il.
- Ces bracelets ? Je les ai eu toute ma vie, je crois. Je n'ai jamais essayé de les enlever...


Ils s'endormirent sous un ciel étoilé.

_________La chaleur. Le crépitement. Un phare embrasé dans la nuit. Le feu de la haine qui gagne les cimes. Le Teorbis pleure des larmes enflammées. Ce soir, il accompagne son hôte, son ami, son frère. Il maudit les cupides, et le cavalier part. Il fuit la vengeance de L'Orbis, un rictus au visage.

- Mon maître m'a donné de te retrouver, enfant damné ! Quelque soit le nom que tu portes !

_________Les pèlerins virent passé trois cavaliers noirs au galop. Dasté eu un frisson de dégoût.

*

# Posté le mardi 06 décembre 2005 12:32

Couplet Dernier

Couplet Dernier
________Ils avaient rencontrés la Tribu des Howlcrow en fin de journée. Dans un campement provisoire, ceux-ci les avaient accueillis avec un sentiment amical, ils partaient en une longue route vers l'ouest afin de supporter l'hiver et profitaient des migrations pour faire leurs réserves. Joan, Léo et Demi Lune furent donc conviés à leur repas qui serait, ce soir là, festif. Il est de notoriété que les Tribus de la Vallée des Grands Fleuves vous accueillent soit par une fête, soit par un lutte acharnée. Le banquet est de loin préférable.
________Il y eu boissons onctueuses et mets délicieux. Rires, danses et chants se partageaient la nuit autour d'un feu gigantesque dont les langues enflammées léchaient le ciel. Avant le repas, il y eu une cérémonie dédiée aux ancêtres et aux défunts. Chaque animal tué pour le banquet était remercié de sa chair. L'ambiance mystique régnante invitait à l'onirisme.
Joan avait apprit, lors d'une de ces aventures, le dialecte des Howlcrow. Il discuta longuement avec le chef de la Tribu. Pendant ce temps, Demi Lune et Léo jouaient avec les enfants du camp, une sorte de cache-cache mêlé avec de la lutte, cela les amusa beaucoup.
________Lorsqu'ils retournèrent au banquet, ils virent que Joan enlevait sa veste pour la donner au chef de Tribu. Celui-ci l'accepta et donna en échange un long collier fait d'os qui pendait sur sa poitrine. Alors, Joan se leva, une expression heureuse au visage, et quitta le chef. Il passa près des enfants qui lui demandèrent :

- Pourquoi avez-vous donné votre veste au chef ?
- Je ne lui ai pas donné, je le lui ai offert. En réponse, il m'offre son collier.
- C'est une coutume ? Demanda Demi Lune.
- En quelque sorte, oui. Cela montre que l'on apprécie la sagesse de l'autre. Cet échange marque le début de notre amitié.
- Vous êtes donc amis ?

Joan répondit par un sourire. Il se dirigea vers les tentes de la Tribu, ils en avaient hissées pour leurs hôtes, Joan voulait apparemment se reposer lorsqu'une jeune femme vint à pas léger lui prendre la main. Ils se regardèrent dans les yeux, puis, entrèrent ensemble dans une tente.
________Léo et Demi Lune restaient interdit. Chacun réfléchissait sans savoir qu'ils se posaient les mêmes questions. Etaient-ils amis ? Quelques jours passés ensemble, et ils leur semblaient se connaître depuis l'éternité. Demi Lune coupa la parole à Léo :

- J'ai quelque chose pour toi. J'y pense depuis pas longtemps, en fait, mais j'ai réussi. Voila, je voulais t'offrir mes bracelets. Ca n'a pas été facile de les enlever... Ils sont à toi.
- Je ne sais... quoi répondre. Attend ! Moi aussi, j'ai quelque chose à te donner.

Léo sorti un pendentif de sa poche et le mit dans la main de Demi Lune. C'était une sorte de globe bleu inséré dans un anneau.
- Tu pourras lire mon nom, il est inscrit dessus.
- San...do... Sandorei, lu Demi Lune à haute voix. Le mien, c'est Orwe.

Ils avaient une larme de joie au coin de l'½il et c'est avec allégresse qu'ils allèrent se coucher à la belle étoile. Le lendemain, ils quittèrent les Howlcrow après de longs adieux.

________La flèche s'était plantée dans le bois de la charrette, à peine cinq centimètres près de l'oreille de Joan qui poussait, maintenant, les chevaux au galop. C'était une vaine tentative de fuite et il le savait. Il prenait juste un peu de temps pour réfléchir. Slug, à la tête des trois cavaliers noirs, les pourchassait. Son visage exprimait une grimace blafarde.

- Léo ! , hurla Joan. Prend mon glaive, sous les couvertures ! Voila, maintenant, passe moi un objet lourd, n'importe quoi.

Léo trouva une cuve en fonte.

- Très bien. A mon signal, sautez de la charrette ! C'est compris ? Surtout gardez votre calme !

La remarque sembla disproportionnée vu l'allure terrifiante des trois cavaliers. L'un d'eux était si proche...

- Maintenant !!! Cria Joan

Les deux garçons sautèrent dans les hautes herbes pendant que Joan envoya la cuve sur le cavalier noir. Il fut désarçonné par le choc.
________Joan arrêta la charrette avec peine, les deux cavaliers restant le dépassèrent. Il s'arma de son bâton au bout ferré. Les cavaliers lui faisaient face.

- Tiens, tiens, tiens, dit Slug mettant pied à terre. Joan Milchemin, ça par exemple ! Une légende vivante ! Va me trouver les gosses toi ! Exprima-t-il à son compagnon qui partit dans les broussailles.
- Je vois que ma renommé me précède...
- Ma victoire n'en sera que plus grande !
- N'y compte pas !

Et sur ces mots, ils se jetèrent l'un sur l'autre, enchaînant esquives et frappes, parades et bottes.

- Tu vieillis, l'ancêtre !
- Je devine que c'est Luciol qui t'a prit ton ½il.
- Une légère égratign...

Mais Slug fut coupé par un coup de genoux dans le ventre. Cela le calma un peu.
________Les Enfants courraient à travers les herbes mais un homme vêtu de noir leur barra le passage. Trop content de lui, il ne vit pas venir la lame du glaive que Léo lui planta dans le ventre.

- Retournons à la charrette, Joan doit avoir déjà terrassé le dernier cavalier, dit Léo.

Ce n'était pourtant pas le cas lorsqu'ils arrivèrent. Joan tenait tête mais commençait à faiblir. Il vit les enfants.

- Prenez les chevaux et tirez vous ! Cria-t-il redoublant d'énergie contre son adversaire.

________Ils sautèrent dans la charrette, Demi Lune ne voulait pas laisser Joan mais l'expression de celui-ci ne lui laissait pas le choix. Il prit très vite son sac, celui où la veste et le livre offert par Luciol étaient rangés, défit les liens qui retenait les chevaux à la charrette et monta sur l'un d'eux avec Léo.
________Joan désarma son adversaire de son épée. Plus rapide qu'un serpent, Slug sorti une lame verte de sa manche et poignarda le dans l'épaule. Le poison de la lame commença à brûler Joan qui, dans un excès de fureur, lui sauta dessus.
________Léo voulu éperonné le cheval mais une main lui agrippa la cheville et le renversa. Le cavalier précédemment abattu par la cuve l'égorgea. Un hennissement d'horreur, le cheval s'enfuit, plus rapide que le vent, Demi Lune accroché à son dos.
________Slug, dont la face était martelée par le poing de Joan, renversa celui-ci et récupéra son épée.

- Tu es trop vieux, papy ! Dit il en lui plantant son arme dans le c½ur.

Un Frisson extrême. Le visage emplit de peine et de douleur. Le corps inerte du heros fut cloué au sol.

- Chef ? J'ai tué l'enfant aux bracelets...
- Ce n'est pas grave, Maître Meprios avait dit mort ou vif.
- Et l'autre enfant ?

Slug regarda l'horizon, et la poussière que le cheval avait remué.

- Bah ! Un autre bouseux en plus dans le monde. Rentrons, nous devons faire notre rapport.

Il essuya sa lame, et partis.

*

# Posté le mardi 13 décembre 2005 16:30

Modifié le mercredi 14 décembre 2005 11:43

Interlude

Nous y voici chers amis. J'espère que le chemin ne vous a pas semblé trop long, il est vrai que le soleil se couche deja. Le temps passe si vite en bonne compagnie me direz-vous. Ainsi nous y sommes, c'est le moment de se séparer. Encore merci.
_____Vous n'avez pas envie de partir? C'est drole. Je n'ai pas envie de vous quitter moi non plus. Il fait bien noir tout d'un coup. Que pensez-vous de rester cette nuit à l'auberge, je payerais la note bien entendu. Que neni ! J'y tiens! Rester cette nuit avec moi au chaud, vous rentrerez chez vous demain.
______Allons à celle-ci : L'auberge de l'Herbe Odorante. Un bien long nom, si vous voulez mon avis. Tant que j'y suis, j'ai peut etre bien une histoire à raconter...
Interlude

# Posté le jeudi 22 décembre 2005 17:05

Berceuse Partie I

Berceuse Partie I
La Voici qui me vient en mémoire. Ca commence comme ça, je crois :

______Au départ, tout était nuit. Un vide infiniment sombre. Il n'existait que la Lune et ses messagères : les Fées. Leurs rires résonnaient dans les ténèbres, tant et si bien que naquit la Joie et avec elle la Lumière. Une minuscule parcelle de lumière dans ce chaos obscur. Un point qui flottait ainsi dans l'espace. Un feu respirant l'espoir et le bien être.

_______Joie emplit alors la Lune et celle-ci sentit en son sein un murmure, un frisson. Elle portait le Premier Etre. Une chose chérie, un instant nouveau dans le caractère immuable du temps. « Vite, vite, dépêchons nous »criait la Lune. « Il faut se hâter, l'enfant est impatient d'exister. Je le sens grandir, ici. Je le sens bouger. Dépêchons nous, mes s½urs. Préparons lui un endroit où il puisse se poser, et alors, contempler ce qui l'entoure. »

_______Les Fées gesticulaient de vitesse. Du chaos, elles tirèrent une masse. De cette masse, elles en firent un plateau informe. Grand, épais et solide. Tout ce qu'il fallait. La grâce n'existait pas encore. Quelques paillettes tombèrent dessus et le temps passa. Au moment où l'enfant voulu sortir, il se déroba. « Quel froid règne-t-il ici ? » demanda-t-il « Jamais je ne pourrais exister dans un pareil endroit ! ». La Lune, si douce, gonfla ses joues et souffla sur Lumière, qui grossit, qui grossit et grossit encore. Le sombre infini se réchauffa et la couleur pu éclore. « Oh oui, c'est bien mieux comme cela, mère. Je puis sortir maintenant. »
_______L'enfant se posa sur le plateau. Il était tout dodu et de couleurs grises, trois poils sur la tête. Content d'exister, il se mit à rire avec les Fées et l'instant passa.

______Une fois, l'enfant se mit à pleurer et pleurer encore. Il inonda son plateau créant mers et océans. Son hurlement devint sombre, il en découla l'effroi et la peur, mais ceci on ne le saura que plus tard. « Qui a-t-il, enfant ? » demanda la Lune.
« Je ne puis fermer l'½il et dormir avec toute cette lumière » hurla-t-il.
« Dormir ? Qu'est-ce donc ? »
Alors l'enfant expliqua. Dormir c'est comme se libéré de son corps pendant un petit moment. Laissé son esprit vagabonder et gagner un autre monde : Celui des Rêves. C'est un repos qui procure du bien être.

______Curieuse de découvrir cela, la Lune demanda à Lumière de se cacher sous le plateau pendant un moment. Et la nuit réapparu. Lentement la lune s'effaça dans les ténèbres et pu gagner le sommeil. Soudain, les rêves se rependirent dans l'univers, caressants la moindre parcelle. Un bourdonnement. L'univers entier frissonna. Du chaos s'échappa nombreuses matières diverses. Tel une éponge, l'univers aspirait les rêves. Réveillée par ce grabuge, la Lune demanda aux Fées de créer un filet pour retenir les rêves. Ce qu'elles firent. Un fin drap bleu les recouvrait désormais. Il fut appelé ciel.

*

# Posté le lundi 26 décembre 2005 10:24