________Ils avaient rencontrés la Tribu des Howlcrow en fin de journée. Dans un campement provisoire, ceux-ci les avaient accueillis avec un sentiment amical, ils partaient en une longue route vers l'ouest afin de supporter l'hiver et profitaient des migrations pour faire leurs réserves. Joan, Léo et Demi Lune furent donc conviés à leur repas qui serait, ce soir là, festif. Il est de notoriété que les Tribus de la Vallée des Grands Fleuves vous accueillent soit par une fête, soit par un lutte acharnée. Le banquet est de loin préférable.
________Il y eu boissons onctueuses et mets délicieux. Rires, danses et chants se partageaient la nuit autour d'un feu gigantesque dont les langues enflammées léchaient le ciel. Avant le repas, il y eu une cérémonie dédiée aux ancêtres et aux défunts. Chaque animal tué pour le banquet était remercié de sa chair. L'ambiance mystique régnante invitait à l'onirisme.
Joan avait apprit, lors d'une de ces aventures, le dialecte des Howlcrow. Il discuta longuement avec le chef de la Tribu. Pendant ce temps, Demi Lune et Léo jouaient avec les enfants du camp, une sorte de cache-cache mêlé avec de la lutte, cela les amusa beaucoup.
________Lorsqu'ils retournèrent au banquet, ils virent que Joan enlevait sa veste pour la donner au chef de Tribu. Celui-ci l'accepta et donna en échange un long collier fait d'os qui pendait sur sa poitrine. Alors, Joan se leva, une expression heureuse au visage, et quitta le chef. Il passa près des enfants qui lui demandèrent :
- Pourquoi avez-vous donné votre veste au chef ?
- Je ne lui ai pas donné, je le lui ai offert. En réponse, il m'offre son collier.
- C'est une coutume ? Demanda Demi Lune.
- En quelque sorte, oui. Cela montre que l'on apprécie la sagesse de l'autre. Cet échange marque le début de notre amitié.
- Vous êtes donc amis ?
Joan répondit par un sourire. Il se dirigea vers les tentes de la Tribu, ils en avaient hissées pour leurs hôtes, Joan voulait apparemment se reposer lorsqu'une jeune femme vint à pas léger lui prendre la main. Ils se regardèrent dans les yeux, puis, entrèrent ensemble dans une tente.
________Léo et Demi Lune restaient interdit. Chacun réfléchissait sans savoir qu'ils se posaient les mêmes questions. Etaient-ils amis ? Quelques jours passés ensemble, et ils leur semblaient se connaître depuis l'éternité. Demi Lune coupa la parole à Léo :
- J'ai quelque chose pour toi. J'y pense depuis pas longtemps, en fait, mais j'ai réussi. Voila, je voulais t'offrir mes bracelets. Ca n'a pas été facile de les enlever... Ils sont à toi.
- Je ne sais... quoi répondre. Attend ! Moi aussi, j'ai quelque chose à te donner.
Léo sorti un pendentif de sa poche et le mit dans la main de Demi Lune. C'était une sorte de globe bleu inséré dans un anneau.
- Tu pourras lire mon nom, il est inscrit dessus.
- San...do... Sandorei, lu Demi Lune à haute voix. Le mien, c'est Orwe.
Ils avaient une larme de joie au coin de l'½il et c'est avec allégresse qu'ils allèrent se coucher à la belle étoile. Le lendemain, ils quittèrent les Howlcrow après de longs adieux.
________La flèche s'était plantée dans le bois de la charrette, à peine cinq centimètres près de l'oreille de Joan qui poussait, maintenant, les chevaux au galop. C'était une vaine tentative de fuite et il le savait. Il prenait juste un peu de temps pour réfléchir. Slug, à la tête des trois cavaliers noirs, les pourchassait. Son visage exprimait une grimace blafarde.
- Léo ! , hurla Joan. Prend mon glaive, sous les couvertures ! Voila, maintenant, passe moi un objet lourd, n'importe quoi.
Léo trouva une cuve en fonte.
- Très bien. A mon signal, sautez de la charrette ! C'est compris ? Surtout gardez votre calme !
La remarque sembla disproportionnée vu l'allure terrifiante des trois cavaliers. L'un d'eux était si proche...
- Maintenant !!! Cria Joan
Les deux garçons sautèrent dans les hautes herbes pendant que Joan envoya la cuve sur le cavalier noir. Il fut désarçonné par le choc.
________Joan arrêta la charrette avec peine, les deux cavaliers restant le dépassèrent. Il s'arma de son bâton au bout ferré. Les cavaliers lui faisaient face.
- Tiens, tiens, tiens, dit Slug mettant pied à terre. Joan Milchemin, ça par exemple ! Une légende vivante ! Va me trouver les gosses toi ! Exprima-t-il à son compagnon qui partit dans les broussailles.
- Je vois que ma renommé me précède...
- Ma victoire n'en sera que plus grande !
- N'y compte pas !
Et sur ces mots, ils se jetèrent l'un sur l'autre, enchaînant esquives et frappes, parades et bottes.
- Tu vieillis, l'ancêtre !
- Je devine que c'est Luciol qui t'a prit ton ½il.
- Une légère égratign...
Mais Slug fut coupé par un coup de genoux dans le ventre. Cela le calma un peu.
________Les Enfants courraient à travers les herbes mais un homme vêtu de noir leur barra le passage. Trop content de lui, il ne vit pas venir la lame du glaive que Léo lui planta dans le ventre.
- Retournons à la charrette, Joan doit avoir déjà terrassé le dernier cavalier, dit Léo.
Ce n'était pourtant pas le cas lorsqu'ils arrivèrent. Joan tenait tête mais commençait à faiblir. Il vit les enfants.
- Prenez les chevaux et tirez vous ! Cria-t-il redoublant d'énergie contre son adversaire.
________Ils sautèrent dans la charrette, Demi Lune ne voulait pas laisser Joan mais l'expression de celui-ci ne lui laissait pas le choix. Il prit très vite son sac, celui où la veste et le livre offert par Luciol étaient rangés, défit les liens qui retenait les chevaux à la charrette et monta sur l'un d'eux avec Léo.
________Joan désarma son adversaire de son épée. Plus rapide qu'un serpent, Slug sorti une lame verte de sa manche et poignarda le dans l'épaule. Le poison de la lame commença à brûler Joan qui, dans un excès de fureur, lui sauta dessus.
________Léo voulu éperonné le cheval mais une main lui agrippa la cheville et le renversa. Le cavalier précédemment abattu par la cuve l'égorgea. Un hennissement d'horreur, le cheval s'enfuit, plus rapide que le vent, Demi Lune accroché à son dos.
________Slug, dont la face était martelée par le poing de Joan, renversa celui-ci et récupéra son épée.
- Tu es trop vieux, papy ! Dit il en lui plantant son arme dans le c½ur.
Un Frisson extrême. Le visage emplit de peine et de douleur. Le corps inerte du heros fut cloué au sol.
- Chef ? J'ai tué l'enfant aux bracelets...
- Ce n'est pas grave, Maître Meprios avait dit mort ou vif.
- Et l'autre enfant ?
Slug regarda l'horizon, et la poussière que le cheval avait remué.
- Bah ! Un autre bouseux en plus dans le monde. Rentrons, nous devons faire notre rapport.
Il essuya sa lame, et partis.
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