_____Leur repère se trouvait dans une vieille bâtisse non loin du port, entre celui-ci et la haute ville, une sorte de quartier bourgeois. C'était le grenier d'une maison. Pour y accéder, il fallait préalablement passer sur les toits par tout un parcours du combattant : un tonneau posé sous un balcon, du balcon grimper sur le toit en s'aidant d'une pierre qui dépasse du mur, puis sauter de toits en toits sans se faire repérer. Il y a peu de passage dans ce quartier à part celui de la milice, il faut donc rester vigilant. Une fois arrivé à la vieille bâtisse, il faut se suspendre au toît et accéder, desous, au trou menant au grenier.
____Comme je le disais, un vrai parcours du combattant. Le grenier était aménagé, une partie avait même été nettoyée, le sol était bizarrement sans poussière, il y avait à la place des idéogrammes écrits à l'encre. Ceci sauta aux yeux de Twim.
- Qu'est-ce c'est que ces signes ? demanda t-elle.
- C'est ce qui nous a permis de nous installer ici, répondit Jinta. C'est Orwe qui a fait ça le premier jour.
Elle regarda Orwe, qui entra par le trou, interloquée.
- C'est un sort écrit, il permet de créer une zone de silence, c'est-à-dire que l'on peut crier ce qu'on veut, personne ne nous entendra ici.
- Comme tu vois, on peut CRIER CE QU'ON VEUT !!! BIERES ! AMENER MOI DES FEMMES ! VOUS NE M'ENTENDREZ JAMAIS !!!!
- Jinta ? Calme toi s'il te plait...
- Je faisais juste la démonstration, tu sais.
____Ils furent vite installés, la journée avait du être fatigante sous cette pluie, même Jinta, qui d'habitude ne perdait jamais une occasion de faire le mariole, s'écroula sur une sorte de couche. Il baillait allégrement sans cesser de se gratter l'entrejambe. Oui, les établissements louches ne sont pas à l'abri de quelques séquelles. Twim regardait la scène, désabusée. Une quantité innombrable de pensées lui traversait l'esprit. Celles qui revenaient le plus souvent étaient : « Etrange », « Morpions », et « Qu'est-ce que je fou ici ? ». Elle détourna la tête et fixa Orwe apparemment indifférent à ce spectacle. L'un ne vaut pas l'autre, il se gratte les couilles et lui bourre sa pipe d'herbe.
____Effectivement, Orwe, en tailleur sur un tas de vieux draps, avait maintenant la pipe entre les lèvres et s'apprêtait à l'allumer.
- Je ne crois pas que l'on s'est comprit, commença-t-elle. Je suis ici car vous voulez vous introduire dans le palais d'Hell McFuris, le Prince de la guilde des Voleurs, et je n'ai pas de temps à perdre dans un grenier pourri avec des traînes savates !
- Si tu étais plus patiente...
- Je suis déjà suffisamment patiente ! Tu ne sais pas combien de...
- J'ai dit : si tu étais plus patiente, coupa Orwe à son tour. Tu comprendrais. Tu es Lycanthrope, non ? La magie vous est pourtant familière.
C'est alors qu'elle se mit à sentir le brin d'étincelles qui crépitaient dans la pipe. Il y avait quelque chose de spécial. L'herbe ? Peut être...
- Prend place, t'inquiète pas. Il faut que j'aspire quelques bouffées pour que ça puisse faire effet.
Elle regardait incrédule. Jinta était maintenant appuyé sur le coude.
- Tu vas voir, disait-il l'½il brillant. Ce qu'il fait, ça me met sur le cul à chaque fois.
Elle décida de s'asseoir.
____Orwe tira longuement sur sa pipe sans recracher la fumée, puis, il prononça d'une voix enrouée un truc qui ressemblait à « Gurljubuktanuktubuk » mais je ne peux rien vous garantir.
_______Il souffla la fumée et celle-ci prit forme.
- Tu as devant toi, une maquette du palais souterrain de McFuris, dit-il.
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